FFT

Région Languedoc-Roussillon & Midi-Pyrénées

Le contexte pédoclimatique.
L’expression du potentiel truffier est la résultante des conditions du sol, du climat et des efforts des trufficulteurs dans la conduite de leurs arbres mycorhizés par la truffe en répondant aux exigences pédoclimatiques du champignon dans un environnement biologique donné (flore, végétation, faune, fonge). Tous les départements de la grande région présentent des zones calcaires et des climats favorables à la truffe.

Les sols

La truffe noire vit sur les sols calcaires, aérés, drainants, dotés d’une bonne activité biologique (vers de terre, insectes) et aussi de plantes favorisantes (genévrier, prunellier, églantier, etc.).

Il suffit d’observer dans quelles conditions se forment les truffières naturelles pour se rendre compte des spécificités du milieu : généralement une pelouse en bordure de bois de chênes, une vieille friche avec ça et là des genévriers et des prunelliers, une lande pacagée par les moutons également peuplée de genévriers et d’églantiers.

Ces plantes arbustives indiquent que le milieu avec sa pelouse de brome érigé et de fétuque ovine est au bon stade pour produire la mélano.

Caractères agronomiques moyens d’un sol truffier

  • Texture équilibrée : argile, limons, sables en proportion égales (les sols sableux sont plus favorables que les sols argileux non pierreux)
  • Calcaire : 1 à 70 %
  • Calcium échangeable : 6 à 16 pour mille
  • pH eau : 7,8 à 8,3
  • Matière organique : 3 à 6 % en moyenne. Dans le Sud-Est et en sol sableux, la teneur peut être plus faible que dans le Sud-Ouest en sol argileux et généralement caillouteux. C/N (définit l’évolution de la matière organique) : 8 à 12 en général
  • Azote (N) : 1 à 3 pour mille
  • Phosphore total : 1 à 3 pour mille (la valeur du phosphore assimilable en sol calcaire n’est pas un bon indicateur pour la truffe).
  • Potasse (K2O) assimilable : 0, 1 à 0,3 pour mille
  • Magnésie (MgO) assimilable : 0,1 à 0,5 pour mille.

 

 

Le climat

La truffe a besoin d’un climat tempéré avec des printemps humides sans gelée tardive, des étés chauds avec des périodes sèches limitées à 3 semaines (un mois d’août orageux), des automnes cléments sans gelée précoce, et des hivers sans froid intense (3 à 5 matinées consécutives avec des températures à – 10° C finissent par geler les truffes dans le sol).

Le climat du sud de la France est en principe favorable à condition de ne pas dépasser des altitudes qui peuvent occasionner le gel du sol pendant plusieurs jours en hiver. Une altitude de 800 mètres est à la limite de ce que la truffe peut tolérer en hiver moyen (exemple : le plateau du Larzac).

La truffe accomplit son cycle biologique en fonction des contraintes climatiques.

L’environnement naturel

La pression contamination fongique s’exerce depuis les bordures boisées de chênes sur les jeunes arbres mycorhizés en plantation. Si un bois ou une haie de chênes sont situés en bordure d’une parcelle à planter, les grands arbres déjà mycorhizés par de nombreuses espèces de champignons (surtout des basidiomycètes) sont susceptibles de contaminer les jeunes plants mycorhizés par la truffe noire.

Les landes à genévriers, les parcours à moutons, les friches recolonisées par les graminées (brome érigé) sont des précédents culturaux très favorables qu’il ne faut pas entièrement dénaturer par des labours complets. Les vieilles vignes et les lanvanderaies sont traditionnellement favorables à la mélano.

Vue aérienne d’une bordure de bois à droite à l’origine d’un faux brûlé à mélano dans la région de Lalbenque. Les chênes du bois contaminent les plants à gauche et les empêchent de pousser dans le brûlé.